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Kaleidoscope

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9 octobre 2009

Chic noir laqué

La substance coula dans mon verre. Dans une admirable prestation du serveur qui venait d'exécuter ma commande accompagné d'un sympathique "Voila pour le pianiste". Mes pensées se bousculaient dans ma tête bouillonnante de la fièvre apportée par l'alcool, seuls mes doigts continuaient de jouer une mélodie continue, un bruit de fond masqué par le ton élevé de certains. Par exemple la voix de cet habitué, un homme de taille moyenne, très moyenne dont le visage était marqué par la fatigue, mais l'énergie qu'il dégageait allait en contradiction avec cette apparence. Il parlait de femmes en riant très fort, il ne semblait pas avoir besoin d'une grande quantité d'alcool pour parler, il était heureux . Avec ces grands yeux clairs cernés de noir. En face de lui, un client opportuniste, il ne venait dans le bar que lorsqu'il y avait des offres alléchantes, lui non plus n'était pas particulièrement grand, très typé maghrébin. Il prenait un accent ridicule et parlait de choses peu intéressantes. Avec ce visage auquel on ne refuse rien. Lorsque je me suis retourné pour adresser un sourire à la barmaid, moyen simple de la remercier, je suis resté un peu plus longtemps à l'observer. Une très charmante personne, élégante et un peu mystérieuse, le service finit on pouvait la voir assez absente, parfois vide et triste. Avec ces yeux doux comme la lune. En me retournant je remarqua la présence inhabituelle d'un homme sur un tabouret du comptoir. Vêtu d'un T-shirt gris et d'un pantalon en toile bleue marine, coiffé simplement de cheveux d'un brun commun rabattus au peigne , il inspirait la simplicité. Le dos vouté et le regard vide, il griffonnait sur un bout de bloc note tout en se retournant de temps en temps, comme si son esprit le réinvestissait pour qu'il soit conscient de ce qu'il l'entour le temps de quelques secondes. Je sentais que sa solitude le frustrait, bien qu'il semblait confortablement installé dans son coma. Avec cette solitude qui ressemble à la mienne.

La soirée continuait, je n'ai plus fait attention à personne jusqu'à l'arrivée tardive d'un duo surprenant. Deux hommes, que je situerais dans la même tranche d'âge que la mienne, l'un aux cheveux noirs plaqués de gel en arrière, couvrant ses oreilles et le haut de son crâne. Bien habillé de couleurs neutres , comme conforme à tout. L'autre semblait être un pur habitant des Cévennes,  cheveux courts coiffés en brosse, gilet vert foncé sur un pull hivernal en tenue de chasseur. Il est arrivé légèrement alcoolisé,  heureusement son ami le soutenait. Dans cet état la je devinais qu'ils ne venaient pas boire, l'homme seul sur son tabouret raya et réécrivit. Tandis que les derniers individus présents se rassemblaient sur une grande table ronde. Je les entendais parler à voix basse maintenant:

"On est pas tous là !? s'exclama le client opportuniste.

Le plus sobre des deux derniers arrivé fit un grand sourire, me regarda

-C'est sur que vous l'auriez reconnu s'il n'avait pas arrêté de dessiner... Lucas tu viens te joindre à nous ?

Je sursauta, mes phalanges se paralysèrent. Il me connaissent ? . La porte d'entré du bar grinça, le bonhomme assis sur son tabouret allait s'en aller, je le reteins:

"C'est toi .. Pierre-Antoine ?"


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4 octobre 2009

Glutte History X

Un Mardi. Un belle matinée de printemps. Des oiseaux multicolores volaient au firmament du ciel, tel un nuage opaque devant ce levé de soleil rose .Voici le cadre, l'atmosphère de l'histoire que je vais vous conter.
Georges Burger, honnête responsable de la caserne militaire de Plage-sur-Mer, se curait les dents avec son couteau de chasse qui celui-ci, s'il était vivant, aurait probablement poussé un cri de frayeur en voyant de ces yeux, s'il en avait, le drôle d'homme qui venait subitement d'apparaître devant lui. Le brave Georges, surprit tout autant que son outil l'aurait été (s'il était vivant, rappelons le car, certes, un couteau de chasse est un bien bel instrument mais il ne manifeste aucun sentiment, allez-y, faites l'expérience : jetez le contre un mur puis jetez un membre cher de votre famille dans la-dite cloison et constatez ! ). Bref ne nous écartons plus d'avantage. Le petit être qui se tenait, fier et audacieux, devant le personnage robuste du militaire, le fixait apparemment depuis un moment et ne se décida à parler que lorsque Georges prit la peine de croiser son regard. Ce chef de caserne au profile psychologique fragile et à la culture générale moins étoffée que celle d'un lémurien de taille moyenne, espérait du petit monsieur une banale requête telle que, lacer ses chaussures ou lui donner un glaçon, mais non.Il s'exprima plutôt d'un ton hautin : "J'voudrais une chambre ou un lit pour deux semaines environs."
Décontenancé par la sottise de la petite chose Georges répondit dans le fracas cinglant de son couteau qu'il venait de brutalement planter dans la table: "Certainement Monsieur, nous venons justement de perdre un gars qui a eu un accident, il s'est fait mangé par un ragondin, la 412 est libre"
Le bruit violent de la lame dans le bois d'acajou du comptoir fraichement lustré par Phillipe recouvra tous les mots du capitaine et, géné, le p'tit bonhomme demanda: "Pourriez vous répéter ?"
Le brutal général s'excusa et se dit au passage que cet homme n'avait rien à foutre là, il reformula donc sa première réponse en:
"Et puis quoi encore !? T'es pas dans un hôtel 5 étoiles du guide Michelin mon coco !"
Outré son interlocuteur lui cracha :
"Mais bon-sang ! Je suis Tansas Joe ! Le gluttier !"
Perplexe, au moins autant que vous, Georges s'interrogea...qu'est-ce donc que ce métier ? s'il l'affirme si promptement cela ne peut qu'être important, ne laissons pas cette chance de paraître moins con au près des autres !.
Décidé, l'officier a tranché, il ne sera plus jamais la risée de ses camarades, il enchaîna :
"AAAAaah ouiiii ! Le gluttier ! Pardon pardon ! Ohlalala mais qu'est-ce que chui con moi quand j'm y met ohohoh. Allons, allons mais bien sur venez je vais vous montrer votre chambre..
- Oah super ! Bin tient ! z'avez une belle gueule de vainqueur et pis vous parlez comme que j'aime ! J'vais vous faire une glutte pour vous r'mercier !
-Formidable !
-Mais il me faut quelques  fournitures, tenez tout est sur cette liste.
Les yeux du militaire allaient et venaient sur le contenu de la liste:
>Bidons métalliques, chaine en plastiques, buses de béton, taules, plomberie et tuyauteries diverses....
Il s'arrêta sur le mot "grue", ce que devait produire ce type devait être monstrueusement grand !
D'ailleurs le gluttier ajouta :
-et il me faut un entrepôt !"
Dès le lendemain, toutes les babioles et ferrailleries nécessaires à la fabrication d'une glutte avaient été fourni.
Tansas se mit joyeusement à l'ouvrage, tout en pensant à sa femme et ses enfants ainsi que son fidèle chien : Scalpel, un labrador croisé avec une jumean.



( Maxi parenthèse: Je vous offre un entracte, ayant cette manie de vous faire prendre de sombres et sinueux sentiers issus eux mêmes de chemins déjà bien détournés de la route de la raison, je suis conscient de toute la concentration dont vous usez pour lire une ligne. Mais courage ! Voyez au fond du tunnel ce rayon jaune qui vous crame l'iris, la fin est proche. Mangez un gâteau, fumez un pétard, buvez un coup et lâchez cette corde ou refermez tout de suite votre kit suicide. je sais que c'est dur mais tenez !! )


Chaque jours Georges passait à l'entrepôt, et au fur et à mesure que ces jours passaient, l'objet prenait une forme, sans pour autant qu'on puisse la définir, le commandant se dit alors que ses yeux étaient bien inutiles pour pouvoir lui faire voir de telles choses, en même temps il lisait "La Citée-Bouteille" de Manon Lemounier =). En tout cas la glutte semblait n'être qu'un amas de metal dont des tuyaux jaissait ça et là.
Au bout de trois semaines d'attente, Georges demanda à Tansas combien de temps il allait encore attendre avant de voir la chose à l'oeuvre. "Demain nous l'innogurerons !" répondit brievement le gluttier. "Où donc ? interrogea le soldat
-Dans le lac bien sur ! Quelle question ! Iriez vous skier sur de la terre vous par exemple ?
-Oh mais oui bien sur, dans le lac, non non je demandais parce que sinon on a une grand piscine mais...oui le lac c'est mieux pour la..le glutte..
-On dit UNE glutte connard d'enfoiré de fils de pute de merde !
-ah ..oui oui je sais, je sais..

Le lendemain, toute la caserne vint assister au spectacle. Tansas arriva en grue à laquelle était suspendue la glutte, il la fit pendre au dessus de la surface du lac. Le monde agglutiné comme une armée de goo retenait son souffle ! Un des soldat, qui ne cautionnait pas l'évènement, s'était enfermé chez lui, pour mettre fin à la construction de l'immonde sculpture, cela faisait dix jours qu'il jeûnait, il espérait attirer l'attention de ses camarades, mais lorsqu'il parti en grève il laissa négligemment un gros sac bien garni sous ses couvertures, les autres soldats crurent alors, à la vue des reliefs dessiné dans le lit, qui donnaient l'illusion qu'un corps se trouvait là, qu'il ne faisait que bouder. En ce jour d'inauguration, la faim eu raison de lui. Paix à l'âme de Souki.
La foule insouciante devant le lac, n'attendait plus que le gluttier glutte, haut perché dans sa grue il observait la dizaine d'homme qui se bousculaient au pied de sa machine. Pour enfin satisfaire à l'attente générale il tira une manette qui fit rompre le câble, précipitant l'objet de l'ouvrage dans l'eau . Deux ou trois téméraires plongèrent dans l'espoir de récupérer le monstre de métal. Inutile, là était sa fonction, l'objet sombra cran-à-cran poussant à chaque étape de sa traction vers le fond un "glutte......glutte....glutte....".

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